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Introduction
La gestion des risques d’inondation est devenue un enjeu majeur dans l’aménagement du territoire wallon, particulièrement depuis les événements catastrophiques de juillet 2021. Face à cette réalité, le cadre réglementaire s’est considérablement renforcé avec l’adoption de la circulaire Borsus du 23 décembre 2021, pleinement applicable depuis avril 2022.
Selon les statistiques, environ 10% des demandes de permis d’urbanisme en Wallonie sont impactées par des zones d’aléa d’inondation. Pour les architectes, bureaux d’études et maîtres d’ouvrage, cette réalité représente à la fois un défi technique et une opportunité de concevoir des projets plus résilients.
Notre expertise en géologie, hydrogéologie et études hydrauliques nous permet d’accompagner efficacement les porteurs de projets face à cette complexité. Dans cet article, nous détaillons les 5 éléments fondamentaux qui feront la différence dans votre dossier de permis en zone d’aléa inondation.

1. Caractérisation précise du type d’aléa : la base de toute démarche
Avant toute conception architecturale en zone potentiellement inondable, il est impératif de caractériser avec précision le type d’aléa auquel le terrain est soumis. La carte de l’aléa d’inondation de Wallonie, disponible sur le Géoportail wallon, constitue le document de référence, mais son interprétation nécessite une expertise spécifique.
Les différents types d’aléas à identifier :
- Aléa par débordement de cours d’eau : concerne les zones susceptibles d’être inondées par le débordement naturel d’un cours d’eau.
- Aléa par ruissellement concentré : concerne les vallons secs où se concentrent les écoulements lors de fortes pluies.
- Niveau d’aléa : très faible, faible, moyen, élevé, chacun impliquant des contraintes différentes.
La circulaire Borsus définit des exigences techniques progressives selon le niveau d’aléa. Par exemple, en zone d’aléa élevé, « l’objectif est a priori d’éviter l’urbanisation : la preuve de la faisabilité de la construction est à charge du requérant ». Cette nuance est fondamentale : construire en zone d’aléa élevé reste possible, mais nécessite une démonstration technique solide.
Notre expertise : Chez BCG, nous réalisons une analyse préalable complète intégrant non seulement la cartographie officielle, mais aussi une étude terrain et l’historique des événements d’inondation. Cette approche nous permet d’identifier avec précision les contraintes spécifiques à votre projet.
2. Étude hydraulique adaptée au niveau d’aléa : la pièce maîtresse du dossier
L’étude hydraulique constitue l’élément central de tout dossier en zone d’aléa inondation. Sa complexité et son contenu varient selon le niveau d’aléa identifié.
Composantes essentielles d’une étude hydraulique complète :
- Modélisation des écoulements pour les périodes de retour 25, 50 et 100 ans
- Calcul des hauteurs d’eau potentielles sur le site du projet
- Détermination des vitesses d’écoulement
- Évaluation de la section d’écoulement déduite du périmètre d’aléa concerné
- Analyse de l’influence du projet sur les écoulements de crues
Pour un aléa faible, une note technique simplifiée peut suffire, tandis qu’un aléa élevé nécessitera une modélisation hydraulique complète démontrant la non-aggravation du risque et la résilience du bâti projeté.
Notre expertise : Notre équipe d’hydrogéologues utilise des outils de modélisation avancés pour produire des études hydrauliques robustes, adaptées au niveau d’exigence requis. Nous traduisons ensuite ces données techniques en recommandations concrètes pour votre projet architectural.
3. Historique des événements d’inondation : la mémoire du risque
L’analyse des événements passés constitue un élément déterminant dans l’évaluation du risque réel d’un terrain. La circulaire Borsus exige spécifiquement « le résumé historique des crues ayant provoqué des inondations par débordement de cours d’eau à proximité immédiate du projet et recueillies auprès de la commune concernée ».
Sources d’information à exploiter :
- Archives communales et rapports d’intervention des services de secours
- Témoignages des riverains et photographies historiques
- Études hydrologiques antérieures sur le bassin versant
- Données des stations hydrométriques si disponibles
Cette approche historique permet de contextualiser les données théoriques de la modélisation hydraulique et d’ancrer l’étude dans la réalité du terrain. Elle peut parfois révéler des spécificités locales non visibles sur la cartographie officielle.
Notre expertise : Notre connaissance approfondie du territoire wallon et nos relations établies avec les administrations nous permettent d’accéder efficacement aux données historiques pertinentes et de les intégrer à notre analyse.
4. Évaluation de l’impact du projet sur les écoulements : la non-aggravation comme principe
Un principe fondamental en matière d’aménagement en zone inondable est la non-aggravation de la situation existante. Votre dossier doit démontrer que le projet n’augmente pas le risque pour les propriétés voisines, tant en amont qu’en aval.
Éléments à analyser et à intégrer :
- Impact sur la ligne d’eau en amont et en aval
- Modification des vitesses d’écoulement
- Effet sur les champs d’expansion des crues
- Compensation volumétrique en cas d’obstacle à l’écoulement
- Transparence hydraulique des aménagements
Pour les projets en zone de ruissellement concentré, l’objectif principal est de « ne pas faire obstacle à l’écoulement naturel, de ne pas aggraver la servitude d’écoulement des fonds inférieurs et de limiter la vulnérabilité aux inondations ».
Notre expertise : Nos études intègrent systématiquement une analyse différentielle (avant/après projet) pour démontrer objectivement l’absence d’impact négatif sur l’environnement hydraulique. Nous proposons également des solutions d’aménagement permettant de respecter ce principe fondamental.
5. Mesures de réduction de la vulnérabilité : l’adaptation intelligente
La résilience d’un projet en zone inondable repose sur l’adaptation intelligente de sa conception aux contraintes hydrauliques identifiées. Ces mesures doivent être intégrées dès les premières phases de conception.
Stratégies d’adaptation efficaces :
- Surélévation du niveau habitable au-dessus de la cote de crue de référence
- Choix de matériaux résistants à l’eau pour les parties potentiellement submersibles
- Conception architecturale favorisant l’écoulement (pilotis, transparence du rez-de-chaussée)
- Installations techniques (électricité, chauffage) placées en hauteur
- Dispositifs anti-refoulement sur les réseaux d’évacuation
- Gestion intégrée des eaux pluviales (noues, bassin de rétention, surfaces perméables)
Ces adaptations doivent être clairement documentées dans le dossier de permis, avec des plans détaillés et des notes techniques explicatives.
Notre expertise : Au-delà de l’analyse du risque, nous vous accompagnons dans la définition de solutions techniques adaptées à votre projet, en collaboration étroite avec les architectes et ingénieurs. Notre approche vise toujours à concilier contraintes hydrauliques, faisabilité économique et qualité architecturale.

Conclusion : transformer la contrainte en opportunité
L’obtention d’un permis d’urbanisme en zone d’aléa inondation représente un défi technique, mais celui-ci peut être relevé avec succès grâce à une expertise appropriée. Chez BCG, nous avons déjà accompagné plus de 50 projets dans ce contexte depuis 2022, avec un taux de réussite remarquable.
Notre approche combine rigueur scientifique et pragmatisme opérationnel. Comme l’exprime notre philosophie : « Nous révélons les secrets du sol pour bâtir avec vous des projets solides et durables, porteurs de sens et de confiance. »
Les contraintes liées aux risques d’inondation peuvent devenir, avec la bonne expertise, le point de départ d’une conception plus résiliente et mieux intégrée à son environnement. Loin d’être uniquement des obstacles, ces contraintes poussent à l’innovation et à l’excellence technique.
Vous avez un projet en zone d’aléa inondation ? Contactez-nous pour une première évaluation de faisabilité et transformez cette contrainte en atout pour votre projet.
À propos de Bureau Conseil en Géologie (BCG)
Depuis 1999, BCG accompagne les architectes, bureaux d’études et maîtres d’ouvrage dans leurs projets nécessitant une expertise géologique, hydrogéologique et géophysique. Notre équipe pluridisciplinaire intervient sur l’ensemble du territoire belge et à l’international. Notre mission : « Ce que la Terre murmure, nous l’écoutons pour faire naître des projets nobles et durables. »


